Le picking — ou préparation de commandes — représente 50 à 60% des coûts totaux d'un entrepôt. C'est l'opération sur laquelle les gains de productivité sont les plus importants. Voici comment l'optimiser méthodiquement.
Les méthodes de picking
Picking discret (commande par commande)
L'opérateur prépare une commande à la fois, en suivant son bon de préparation. Méthode simple, facile à mettre en place, mais peu efficace : les déplacements sont multipliés par le nombre de commandes.
Adapté à : entrepôts petits volumes, commandes complexes nécessitant une vérification humaine, démarrage d'activité.
Picking par vague (batch picking)
L'opérateur prépare simultanément plusieurs commandes en une seule tournée dans l'entrepôt. Il collecte les articles de plusieurs commandes en un passage, puis les trie ensuite.
Adapté à : 20 à 200 commandes/jour, articles en commun entre commandes, articles peu volumineux.
Gain de productivité : +50 à +100% sur le picking discret.
Picking par zone
L'entrepôt est divisé en zones. Chaque préparateur est affecté à une zone et prépare uniquement les articles de sa zone. Les commandes sont ensuite consolidées à un poste de regroupement.
Adapté à : grands entrepôts (> 5 000 m²), gammes larges (> 5 000 SKU), commandes multi-lignes.
Avantage : spécialisation des opérateurs, réduction des déplacements.
Picking à la boîte vocale (put to light / voice picking)
L'opérateur reçoit ses instructions via un casque. Il confirme les prélèvements vocalement. Ses mains sont libres pour manipuler les articles.
Gain : +15 à +25% de productivité, réduction des erreurs de 80%.
L'organisation physique de l'entrepôt
L'optimisation du picking commence par le plan de masse. Les principes de base :
Règle ABC : classez vos articles par fréquence de prélèvement.
- A (20% des articles, 80% des prélèvements) : placés près de la sortie, à hauteur de main
- B (30% des articles, 15% des prélèvements) : zone intermédiaire
- C (50% des articles, 5% des prélèvements) : zone éloignée, hauteur basse/haute
Règle de co-localisation : les articles souvent commandés ensemble (cross-selling) sont placés côte à côte.
Allées dédiées : une allée picking (sens unique) + une allée réapprovisionnement évite les croisements et accélère les flux.
Les KPI du picking
Mesurez régulièrement ces indicateurs :
| KPI | Formule | Objectif |
|---|---|---|
| Productivité | Lignes préparées / heure / préparateur | 80–150 lignes/h |
| Taux d'erreur | Erreurs / lignes préparées × 100 | < 0,5% |
| Taux de service | Commandes prêtes à temps / total × 100 | > 98% |
| Marche moyenne | km parcourus / commande préparée | À réduire |
| Saturation | Heures travaillées / capacité théorique | 75–85% |
Les technologies d'optimisation
- Terminaux RF (radiofréquence) : scan code-barres, guidage sur écran, confirmation par scan
- Pick to light : LED sur les emplacements, idéal pour les zones haute rotation
- AGV (chariots autonomes) : apportent les étagères aux opérateurs — rentable à partir de 500 commandes/jour
- WMS avec optimisation de tournée : calcule le chemin le plus court dans l'entrepôt
Les erreurs qui coûtent cher
Pas de segmentation ABC : tous les articles traités de la même façon, les bestsellers sont aussi éloignés que les articles rares.
Réapprovisionnement pendant le picking : bloque les allées, crée des attentes.
Absence de double contrôle : une erreur de picking coûte 5 à 20€ en retour, relation client dégradée, réexpédition.
Picking sur tablette sans scan : une saisie manuelle génère 10 fois plus d'erreurs qu'un scan.
CDSL France opère son service de picking et préparation de commandes depuis son hub normand. Demandez un devis logistique pour externaliser vos préparations.



